Cadre de la Sécurité Alimentaire | Facteurs Fondamentaux
Les causes structurelles
Facteurs physiques
- un régime pluviométrique aléatoire occasionnant des sécheresses désastreuses et des baisses de production ou une mortalité importante du bétail. La succession des sécheresses intervenues en 1973, 1984 et 1991 a complètement détruit le capital productif des ménages agricoles et pastoraux de ces zones.
- la dégradation continue des ressources naturelles dues à la pression démographique entraîne une diminution continue des rendements de céréales et une incapacité de ces ménages a produire suffisamment même quand la pluviométrie est bonne. Pour une seule année de déficit, il leur faut plusieurs années successives de bonnes récoltes pour pouvoir se relever.
- Sur le plan pastoral, la dégradation des ressources naturelles se traduit par une faiblesse de la productivité du bétail, liée à la sous alimentation et à la prévalence des épizooties et l?incapacité des ménages pastoraux à faire face aux coûts élevés d?entretien du bétail.
Facteurs socio-économiques
- Pour les ménages agricoles : ils ont un fort taux de croissance démographique qui est non seulement à l'origine de la forte pression sur les ressources naturelles mais aussi il est la base du morcellement des superficies cultivées par ménage par héritages successifs à chaque décès du chef de ménage. Ainsi, de génération en génération, la capacité productive de ces ménages est amoindrie et certains ménages finissent par se retrouver sans terre car ils sont obligés de vendre le peu de terre qu?ils ont hérité, en cas de maladie ou de tout autre choc nécessitant un besoin immédiat d?argent;
- Pour les ménages pastoraux : ils sont confrontés à une difficulté structurelle de maintenir un effectif adéquat de troupeau pouvant leur permettre de vivre correctement car ils sont incapable de reconstituer un cheptel qu?ils ont perdu pendant les sécheresses. Le bétail a changé de propriétaires et il se trouve maintenant dans les mains des populations plus riches et son coût d?acquisition et d?entretien a augmenté dépassant largement les capacités des populations vulnérables. La conjonction de tous ces facteurs place les populations vulnérables dans une précarité permanente et beaucoup d?entre elles ne survivent qu?en vendant les ressources naturelles comme le bois et la paille eu servent de main d??uvre pour les gros propriétaires de bétail.
- Sur le plan économique, le plus grand facteur aggravant l?insécurité alimentaire de ces populations est la pauvreté rurale dans un contexte de faible développement des infrastructures sanitaires, de transport et d?appui au développement. Une bonne partie de leur zone d?habitation est enclavée. En cas de choc, les approvisionnements sont difficiles et les prix des aliments sont très élevés. Comme les activités économiques sont faibles et rares, la seule stratégie alternative qui reste est l?exode qui est devenu avec les chocs réguliers, une composante essentielle de leur sécurité alimentaire.
- Sur le plan nutritionnel, c'est principalement le manque d'accès des gens à un régime alimentaire varié, et non l'offre globale d'aliments qui entraîne la malnutrition au Niger. La faible variation du régime alimentaire dans la zone agricole provient souvent d'un médiocre pouvoir d'achat et/ou de facteurs socio-culturels/de comportement/de soins.
Facteurs institutionnels
- l?insuffisance des structures d?encadrement et de crédit dans ces zones ;
- la limitation des transactions dans certaines zones (nord région de Tillabéry, Tahoua et Zinder) due notamment à l?insécurité résiduelle, l?enclavement, etc.
Facteurs politiques
- Non accompagnement des politiques d?ajustement structurel de politiques de compensation ce qui a du coup abouti à augmenter les dépenses de ces ménages au niveau de la santé, de l?éducation, de l?habillement etc. dans un contexte de non accroissement de leurs revenus, ce qui accéléré leur paupérisation.
Les causes conjoncturelles
- Hausse saisonnière et annuelle des prix qui affectent de manière significative l?accès de ces ménages aux denrées alimentaires de première nécessité.
- Ces populations vivant à la limite du désert et des zones agricoles sont les plus confrontées aux chocs liés aux ennemis des cultures, les vents de sable qui viennent souvent détruire leurs maigres récoltes.
- La hausse du prix du carburant et celle consécutive des prix des autres produits de première nécessité entraînant une augmentation du coût du transport pour approvisionner ces zones.
Chaque année, la situation alimentaire nutritionnelle de ces ménages en insécurité alimentaire se détériore généralement pendant la période de soudure entre le mois de mai et celui de septembre quand leurs stocks sont épuisés et leur accessibilité sur les marchés est amoindrie par des prix des céréales très élevés, une insuffisance d?opportunité de travail et un bas prix pour le bétail.